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| On 02/06 6:07 PM View all |
Bonjour tout le monde ! Je vends quelques double cartes postales en ce moment. Enfin une seule version disponible en stock pour le moment (à raison de 5-6 exemplaires). Elles sont en ventes sur mon etsy à environ 5.30 Euro frais de port inclus pour la France :) Il y a tout petit filligrame devant avec mon nom et derrière aussi. 14x10cm fermée t 20x14cm ouverte. Mmmmh quoi d'autre ? Pour le moment seulement accessible par paypal sur etsy, après vous pouvez toujours m'envoyer un mail pour commander par chèque ici :) J'essaierais d'avoir plus de choix dans les semaines à venir, donc si vous voulez une des peintures en version carte postale, demandez toujours ;) ![]() ![]() Vue de devant : ![]() [sur etsy] moutoin View blog |
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| On 11/25 11:01 PM View all |
Voici un nouvelle toile ! bon pour les couleurs... aucune des photos ne rend bien. C'est ça de finir un tableau de nuit ! ![]() dansmabaignoireView blog |
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| On 02/06 8:29 PM View all |
Chapitre 14 Shion et Kishi Le week-end arriva enfin. Mais le réveil sonnait toujours à six heures. Je maudissais cette voix féminine nasillarde. Elrich, lui, n’entendait plus rien. Il continuait à dormir comme un bienheureux. Je l’enviais. Edmund, quant à lui, se levait maintenant quelques minutes avant la sonnerie. Et moi, je râlais mais sortais tout de même de mon lit. Norì avait une mission sur le terrain ; Dimitri avait demandé des cours supplémentaires avec Djidji toute la journée du samedi ; Ysladis s’était trouvé un homme et passait la journée avec lui, et je ne voulais pas savoir ce qu’ils faisaient ; enfin, Sawan et Carlisle avaient réussi à obtenir une autorisation pour sortir dans le village de l’île avec quelques amis. Nous étions donc seuls. - « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? demandais-je à Edmund après que la voix se fut tu. - Je n’en ai aucune idée, me répondit-il, le nez dans un livre de sa propre bibliothèque. Qu’est-ce que tu veux faire ? - Bof… Attendons, peut-être qu’Elrich aura une envie particulière. Pour l’instant, je vais me doucher. » Elrich ne se réveilla que bien plus tard, dans les environs de 10 heures. Et il avait simplement envie de se promener. La journée s’annonçait d’un ennui mortel. Nous nous décidâmes finalement à décoller de notre repère pour aller manger vers midi. En chemin, nous rencontrâmes beaucoup de monde, et entre autre le garçon qui m’avait défié sur le ferry. Je fis bien attention à ce qu’il ne me remarque pas. Je n’avais pas envie de chercher les ennuis aujourd’hui. Notre table me sembla bien vide sans la présence bruyante de nos cinq amis. Et je voyais plus de premières années que des autres élèves. Sans doute ont-ils l’habitude, et profitent du début d’année et du peu de devoirs pour se promener. L’année prochaine, je m’en souviendrai. Manque de chance, l’asiatique coléreux du ferry arriva peu après nous, accompagné de son ami aux dreads bleues. Je ne pouvais malheureusement pas me mélanger à l’assiette de pâtes que j’avais sous le nez. - « Qu’est-ce que tu fais, Asu ? me demanda dédaigneusement Edmund. » J’avais le nez presque dans ma nourriture, et il venait de réduire à néant mes efforts d’invisibilité. Le garçon se retourna brusquement vers nous, et me dévisagea méchamment. Après quelques minutes d’un affrontement silencieux, il s’approcha de notre table. - « Merci, Ed, baragouinais-je à mon ami qui ne comprenait pas. » L’asiatique plaqua sa paume contre la mosaïque de la table, et me fixa plus intensément encore qu’auparavant, si cela était possible. Je ne reculais pas d’un pouce, et de pris mon temps pour le détailler. Ses yeux bridés d’un noir profond étaient légèrement montants, lui donnant un air hautain désagréable. Son visage était rond, sa peau fine et lisse, et il avait le même grain de beauté qu’Edmund sous le coin de l’œil gauche. Ses cheveux courts ondulés étaient châtains foncé vers la racine, et du noir profond, aux reflets bleutés des asiatiques, vers la pointe. Sa petite bouche fine était déformée dans un rictus de dédain. - « Toi, me dit-il enfin. Pourquoi tu me dévisages. - C’est pas plutôt toi ? rétorquais-je, légèrement énervé par cette question ridicule, bien que ce soit lui qui ait commencé. - Tu es japonais, n’est-ce pas ? - Euh… » Je tombais des nus. Qu’est-ce que cela avait à voir ? - « Oui, répondis-je finalement. Et alors ? - Alors, répondit-il comme si cela était évident, je t’ai entendu sur le ferry, et tu parlais français ! » J’étais perdu. Un japonais n’avait pas le droit d’être de nationalité française et parler cette langue ? Je lui demande, moi, s’il parle chinois, japonais, turc ou arabe ? - « C’est quoi le problème ? demandais-je, plus intrigué qu’énervé. - Alors tu es un émigré, tu es la honte de notre pays ! » Rien n’allait plus. Ce gars serait donc raciste envers les japonais qui quittaient leur pays ? Je n’avais vraiment pas de chance de tomber sur le seul dérangé de l’école. - « C’est quoi cette histoire ? intervint enfin Edmund. - Toi, tu te tais, tu n’as rien à voir là-dedans, ce ne sont pas tes affaires ! lui dit le japonais, sur le ton de la menace. - Woh, tu te calmes ! réagit vivement Ed, se levant à moitié de sa chaise. - Tout le monde se calme, intervint à son tour le garçon aux dreads bleues. Shion, ce n’est pas bon de provoquer une bagarre au début de l’année. Et puis, tu t’es trop fait remarqué sur le ferry, modères-toi un peu, s’il-te-plaît. » Le garçon prénommé Shion écouta son ami et recula, sans me quitter des yeux pour autant. Finalement, ils s’en retournèrent vers leur table, heureusement bien éloignée de la notre. - « C’est qui ce type, tu le connais ? m’interrogea Edmund, se rasseyant. - Non, il m’a juste menacé du regard sur le ferry, comme il vient de le faire. Je ne comprends même pas ce qu’il me veut. Oui, je suis japonais, oui je vis en France, oui je parle français. Qu’est-ce qu’il veut que j’y fasse ? C’est comme ça et c’est tout. - Il cherche peut-être simplement la bagarre ? hasarda Elrich qui n’avait pas osé intervenir durant la scène. - Alors qu’il aille voir ailleurs, crachais-je. Mais qu’il me laisse tranquille. - Moi, ça ne me dérangerait pas de me battre contre ce type, si c’est pour lui fermer le clapet, ricana Edmund, visualisant déjà la scène. - Ce type me fatigue, répondis-je juste. » Nous visitions à nouveau les différents bâtiments, repérant nos prochaines salles de classe. Les chemins étaient assez longs. Il fallait en moyenne dix bonnes minutes pour rejoindre le prochain cours. Peut-être voulaient-ils nous faire courir pour être à l’heure ? Du haut d’un bâtiment en briques roses réservé aux Sciences, nous aperçûmes Shion et son ami marcher dans la forêt. Edmund fût soudain démangé par l’envie de leur faire peur. Et je dus avouer que l’idée me plu beaucoup. El boudait, il ne voulait faire de mal à personne. En descendant, nous fûmes arrêtés par quelques élèves qui voulaient que nous leur passions nos notes de cours : ils n’avaient pas Shen-Yen, et sentaient déjà être en retard par rapport à nous. Ed et moi refusâmes, pressés de rejoindre nos deux ennemis. Mais Elrich sortit ses cahiers du sac que nous avions emporté pour réviser dans le parc. Et il était hors de question que nous laissâmes Elrich tout seul, ne serait-ce qu’une seconde. Comme nous pouvions nous en douter, les deux garçons avaient largement eu le temps de disparaître. Mais nous ne reprochions rien à notre cher rouquin. C’était comme cela que nous l’aimions, saisissant la moindre occasion pour aider les gens. Le soir, à l’heure du repas, Dimitri, Sawan et Carlisle revinrent. Ysladis restait avec son homme, et Norì ne rentrait que le lendemain, au soir. - « Djidji m’a annoncé que la journée des mises à mort a été avancée. » Nous nous retournâmes vers lui d’un même mouvement. Des mises à mort ? - « Non ! s’exclama Sawan, choqué. Pas ça… J’avais oublié… - Dis plutôt que tu refusais d’y penser… Surtout que cela va être à nous cette fois-ci… poursuivit Carlisle. » Ils affichèrent tous une mine étrange, redoutant ce mystérieux événement. C’était un mélange de peur et de tristesse, chose que je n’avais encore jamais vu sur leur visage. Les connaissant, je commençais à avoir peur, moi aussi. - « Quelle est cette journée, exactement ? demanda tout à coup Edmund, supportant mal de ne pas savoir. - Rien de plus que ce que son nom indique, expliqua Dimitri. Des prisonniers de guerre et des condamnés à mort débarquent à l’école pour se faire exécuter par les troisièmes années. - Comment ? s’exclama Elrich, horrifié. Mais c’est horrible ! Des élèves ? De treize ans ? Tuer des gens ? - Tu es à l’armée, Elrich, ne l’oublie pas, précisa Sawan, rendu légèrement agressif par son malaise. C’est déjà un miracle que l’on ne nous fasse pas faire cette horreur en première année. - Onze ans, c’est trop jeune, répondit Carlisle. - Parce que treize, c’est vieux ?! rétorqua Sawan, la voix rendue légèrement aigüe. - Ne t’en prends pas à nous, veux-tu ? s’énerva Carlisle à son tour. Nous n’y sommes pour rien dans cette histoire ! Pourquoi a-t-elle été avancée ? demanda-t-il à Dimitri. - A cause du climat de plus en plus tendu entre la Chine et les Etats-Unis, répondit celui-ci. La première prend de l’ampleur tandis que les seconds sont en chute libre. - Je vois, continuais-je. C’est le passage d’un leader à un autre, la période de transition entre une civilisation à l’autre. Ce n’est jamais sans effusion de sang. Je me demande ce que cela va donner. » Un lourd silence s’était abattu autour de la table. Tous me dévisagèrent, comme s’ils me voyaient pour la première fois… et que j’étais devenu un être fort déplaisant. - « Qu’est-ce qu’il y a ? demandais-je, surpris et dérangé par leur réaction injustifiée. - Rien, répondit Dimitri, c’est juste que… - Que tu en parles comme si tu étais simplement curieux et qu’une guerre sanglante ne te faisais rien du tout, termina Edmund, en enfournant une bonne fourchette de poulet au curry dans sa bouche. » Je ne savais pas quoi répondre. C’était vrai et faux à la fois. J’étais réellement curieux, après tout c’était un événement historique qui allait se produire, et les choix seraient très importants. Mais je n’étais pas réellement indifférent. Juste que la mort ne me faisait rien, tant qu’elle ne touchait pas mes proches. - « Si, j’ai peur, finis-je par répondre. J’ai peur qu’il arrive quelque chose à ma famille. Les autres pays ne seront certainement pas épargnés. Et puis… » Je n’avais pas envie de terminer ma phrase. J’allais avouer une faiblesse, leur dire que je ne voulais pas qu’ils aillent se battre, et cela était inacceptable. Après tout, je ne les connaissais que depuis une semaine ! - « Et puis voilà ! - Je comprends, ajouta Elrich. Moi aussi je suis terrifié en imaginant ce qu’il pourrait arriver à mon frère. Si je pouvais, j’irais immédiatement le chercher pour le mettre en sécurité, sur l’île, près de moi. - Tu es adorable, dit Carlisle, bien que cela fut une évidence. Ne t’inquiètes pas, ce n’est pas pour tout de suite. Tu pourras certainement le revoir avant. - Oui, mais en attendant, continua Sawan, toujours perturbé par la journée qui approchait, nous allons devoir tuer quelqu’un. Pour la première fois. Norì ça va, il a déjà eu à le faire en mission. Mais nous ? - Nos aînés y sont bien passés, et ils n’en sont pas morts, fit remarquer Dimitri, réveillé par la mention de son meilleur ami. Norì s’en porte très bien ! Il m’a dit qu’il ne fallait pas réfléchir, et c’est tout. Le moment le plus dur, c’est après, quand on a le temps d’y repenser. - J’en ai discuté avec les autres années, ajouta Sawan, pas rassuré le moins du monde. Ils ont été incapables de manger et dormir pendant un bon moment. Certains ont même dû arrêter les cours ! - Les réactions sont différentes suivant les gens, dit doucement Carlisle. Nous ne pouvons rien avancer quant à notre comportement. » Elrich, Edmund et moi-même nous regardâmes. Edmund, tout comme moi, était plutôt curieux, mais n’osait pas poser de question devant Sawan. Il avait l’air très perturbé, je ne l’avais jamais vu dans cet état. Elrich, lui, portait un regard vide sur son assiette pleine, et tremblait légèrement. C’est vers lui que nous décidâmes de porter notre attention pour le moment. Il était hors de question de le laisser seul ainsi. Et il n’avait toujours rien avalé depuis hier midi. - « Il va falloir t’accrocher, Elrich, fit remarquer Dimitri. Durant ce jour, il n’y a pas cours. Et toute l’école doit être présente. Les premières années aussi. » En sortant du restaurant, une vague de chaleur peu agréable m’assaillit, très différente que celle que me procure Dimitri. Je me retournais vivement vers sa source, me souvenant dans un flash lumineux de cette sensation. C’était elle. La petite fille qui avait accompagné le professeur glacial, Hikari. Dans un élan, sans réfléchir, je me précipitai vers elle, et lui agrippai le bras. Elle se retourna, plongeant son regard de braise dans le mien. Réalisant mon acte, je ne savais que faire. - « Euh… bégayais-je. Bonjour. » Edmund arriva derrière moi et me regarda bizarrement. Puis, il dévisagea la jeune fille pendant qu’Elrich courait nous rejoindre. Dimitri, Sawan et Carlisle arrivaient tranquillement. - « Bonjour, Asuma, me répondit-elle. - Qui est-ce ? me demanda Edmund, indigné que je connaisse quelqu’un que lui n’avait jamais vu. - C’est… euh… bégayais-je à nouveau. - Kishi Lomia, répondit Carlisle derrière nous, un sourire social sur les lèvres. - Salut Kishi, continua Dimitri, le Professeur Lomia n’est pas avec toi ? - Je le cherche, répondit-elle laconiquement, totalement indifférente à mon trouble intérieur. - C’est elle qui est venu te chercher chez toi avec Hikari ? me demanda Sawan, ignorant royalement Kishi, comme si elle n’existait pas. - Euh, oui… bredouillais-je, toujours perdu. - Enchanté mademoiselle, dit Elrich, très souriant et poli en serrant la main de la jeune fille, toujours autant blasée. » Elle ne semblait s’intéresser à rien, fatiguée du monde qui l’entourait. Elle nous regardait comme si nous étions un paysage quelconque. Répondant à nos gestes et nos questions, sans pour autant y porter un semblant d’intérêt. Finalement, elle se dégagea de la poignée de main d’Elrich, et s’en alla sans ajouter un mot. J’étais médusé. Elle avait un caractère vraiment… particulier. - « Ne t’inquiètes pas, elle est toujours comme ça, me rassura Dimitri. - Ca va, Norì ne te manque pas trop, demanda tout à coup Carlisle, passant du coq à l’âne. - Si, il me manque terriblement, répondit tristement le français, habitué aux changements soudain de conversation. Je veux le serrer dans mes bras… Mais bon, on n’y peut rien. Il me tarde de pouvoir partir en mission avec lui. - Il te tarde de tuer des gens ? rétorqua Sawan, amer. » Cela ne méritait pas de réponse, et nous nous en allâmes rejoindre la chambre de Dimitri et Sawan, comme à notre habitude. Le lendemain, dimanche, l’horrible voix du réveil annonça les nouveautés de la semaine arrivant. La journée de mises à mort aura lieu le mercredi. - « Cela m’intrigue, me dit Edmund, son traditionnel pavé littéraire sur les genoux. » Il était déjà frais et dispo alors que je me frottais encore les yeux de sommeil, et qu’Elrich dormait toujours à point fermé. Et il prenait la mauvaise habitude de me parler dès que j’ouvrais un œil, bien que je fus incapable d’aligner deux mots cohérents. Réfléchir m’étais déjà douloureux. Mais il s’en moquait, et parlait. - « Je n’aime pas trop ça, bien sûr, mais je suis curieux. - Moi aussi, dis-je en baillant, après un long moment pour comprendre de quoi il était question. Ca va, cette année on ne fera que regarder. On pourra juger à ce moment-là. Pour l’instant, je dois avouer qu’il me tarde mercredi, voir comment tout cela va se dérouler. - J’avais peur d’être un monstre en disant que cela me tardait, mais je vois que je ne suis pas le seul insensible. » Sa remarque me surpris, je n’y avais pas vraiment réfléchi : mon comportement a toujours été instinctif, sans réfléchir aux réactions que cela pouvait engendrer. Je ne sus que répondre, et partit me doucher pour combler le vide. En revenant, Edmund m’attendait debout, près de la porte, un papier était posé sur la table. - « Tu viens faire un tour avec moi ? J’ai laissé un mot pour Elrich quand il se réveillera. - Avoue, tu aimerais retrouver le japonais d’hier pour lui donner une raclée. - Pourquoi, toi non ? - Oh que si. » Ce gars me fatiguait toujours autant, rien qu’en pensant à lui. Mais je n’étais pas tranquille tant que je le savais tranquille, quelque part dans l’école. Nous eûmes beau tourner et retourner, impossible de le retrouver. L’école était immense, c’était déjà un miracle que nous l’ayons croisé hier. C’est totalement dépités que nous retrouvâmes Elrich, les cheveux encore humides et les vêtements toujours aussi grands, nous attendre tranquillement en regardant par la fenêtre. Il ne nous avait pas encore entendu, et nous nous amusâmes à le regarder jusqu’à ce qu’il sente notre présence. Il était vraiment mignon. La lumière matinale jouait joliment sur ses bouclettes rousses, et son regard avait quelque chose de magique. Je me rappelai alors les paroles de Norì sur les Êtres Purs. Des personnes entre deux genres, dégageant une aura terriblement attirante. Elrich était déjà adorable, j’avais du mal à imaginer ce qu’il serait plus grand. En jetant un coup d’œil vers Edmund, je vis les mêmes réflexions dans ses yeux. Cela nous faisait un peu peur. Il était si fragile. - « Elrich, dis-je d’un coup pour mettre un terme à cette attente. - Ah ! Vous êtes revenu ! s’exclama-t-il en se relevant, un sourire craquant sur les lèvres. Votre balade était agréable ? - La prochaine fois, lèves-toi un peu plus tôt pour nous accompagner, ironisa Edmund. C’était sympa, mais ta présence nous a manqué. » Elrich se jeta dans les bras d’Edmund qui le réceptionna facilement. - « C’est trop gentil !!! s’écria Elrich, heureux. - Et moi alors ! râlai-je faussement. » Je me jetai à mon tour sur eux, et nous tombâmes à la renverse. C’était ces moments-là qui m’ont le plus surpris. Jamais je ne m’étais comporté de la sorte. Je les aimais énormément, et tous les jours de plus en plus fort. Alors que nous roulions par terre, hilares, Ysladis entra. Surprise, elle s’arrêta quelques instants pendant lesquels nous nous débattions encore. - « Eh bien, ricana-t-elle, c’est du joli. - Ys ! s’exclama Elrich en se précipitant sur elle, tout joyeux. - On se calme ! Qu’est-ce qui vous arrive à tous les trois ? Vous êtes en chaleur ? - Arrête de dire des bêtises, s’indigna Edmund, gêné que quelqu’un l’ai vu dans ces conditions. Dis nous plutôt ce que tu viens faire là. - Et bien, on peut dire que tu as une très bonne influence sur eux deux, Elrich. Dès qu’il ne s’agit plus de toi, ils sont tout bougons, ajouta-t-elle, toujours mesquine. Je suis venue vous chercher, on vous attend pour le petit déjeuner. - Comment ? ricanais-je. Tu n’es plus avec ton copain ? - Je l’ai largué, il était trop collant. » Depuis la rentrée, c’était le troisième. A la table, tout le monde était là. Sauf Norì, toujours en mission. Mais Kishi s’était ajoutée. - « Bonjour les marmottes ? rigola Carlisle. Bien dormi ? - Ils jouaient à se rouler par terre, ironisa Ysladis. - Bonjour, Kishi, dis-je poliment, toujours intimidé par elle. Tu as trouvé ton père, hier soir ? - Bonjour et oui, dit-elle simplement, gardant le silence après. - Euh… bon ! dit vivement Carlisle, cherchant un sujet de conversation. » Dimitri et Sawan étaient les seuls à ne pas avoir ouvert la bouche depuis notre arrivée. Le français aux cheveux de feu avait un air triste. Son elfe lui manquait beaucoup. Plus le temps passait, plus son absence lui était douloureuse. Je compris peu de temps après qu’une nuit de solitude a toujours était difficile pour tous les deux. Quant à Sawan, il venait d’apprendre la date exacte de la journée tant redoutée. Et cela ne faisait que le stresser. Il en devenait hargneux. A côté d’eux, Kishi était très reposante. Qu’elle soit heureuse, triste ou en colère, cela ne se voyait jamais ! Imperturbable, rien ne pouvait l’atteindre. Cependant, quelque chose me disait qu’il ne s’agissait que de la surface. Dans son esprit, j’avais l’impression que tout s’agitait, comme une véritable tempête de sentiments et d’impressions. Elrich rigola, et son rire égaya toute l’assemblée. Plusieurs tables à côté de la notre se retournèrent pour voir à qui appartenait cette voix claire et gaie. La conversation repris normalement, même Dimitri et Sawan se déridèrent un peu. Le français nous avoua même qu’Elrich lui faisait un peu penser à son elfe par moment. J’observais toujours Kishi, immobile et silencieuse, répondant par des phrases courtes aux questions que nous lui posions, sans jamais engager de conversation. Mais j’aurais juré que ses lèvres boudeuses esquissèrent un semblant de sourire. Heureusement pour Edmund et moi, et malheureusement pour les autres, le doux rire d’Elrich attira aussi l’attention de quelqu’un d’autre : le japonais et son ami aux dreads bleues. - « T’es encore là toi ?! me dit-il dédaigneusement dans mon dos, me faisant sursauter. - Oui, pourquoi ? rétorquais-je, de mauvaise humeur. Les japonais vivant en France n’ont pas le droit de manger à une table ? A moins que cela ne soit que pour le petit déjeuner ? - Et les français vivant en France ? ironisa Edmund en regardant Dimitri. C’est peut-être un raciste des français ? Fais attention Dimitri. - Lui, il vit chez lui, alors c’est bon. » La réponse du japonais me laissa perplexe. Donc, il n’aimait aucun émigré. Chacun chez soit. C’était un vrai fasciste. - « Je vis à l’école, je suis espagnole, et j’ai des origines plutôt multiples. » L’intervention inattendue de Kishi fut encore plus déroutante. Nous étions sans voix, et il fallut un nouveau commentaire du japonais pour nous sortir du brouillard. - « Tu vis à l’école ? T’as quel âge ? De toute façon, les gens comme toi qui n’ont pas vraiment de patrie sont comme des sans-abris. - Shion ! intervint enfin son ami aux dreads bleues. Ce n’est pas une façon de parler à une si belle demoiselle. Veuillez l’excuser, continua-t-il à l’intention de Kishi. Il est un peu à cran en ce moment, je ferais attention à ce qu’il ne vous dise plus d’horreur. » Encore un événement des plus surprenant. Voilà l’ami du japonais en train de draguer la fille autiste… Nous étions passés dans un univers parallèle, j’en étais sûr à présent. - « Quelqu’un peut-il nous expliquer qui sont ces gens ? s’énerva Ysladis. Parce que ça commence à bien faire cette histoire ! - Je suis Shion Hanatake, un japonais de première année, vivant à Kyoto. Et lui se nomme Lenjian Stanovski. Il est un ami d’enfance russe vivant à Moscou. Je l’ai rencontré lors d’un de mes courts séjours dans ce pays. - Et pourquoi tu en veux autant à Asuma ? demanda Elrich, surmontant sa peur d’intervenir. Il y a pourtant d’autres émigrés dans cette école. - Les pires sont les japonais qui ont déserté leur patrie. » Son regard empli de haine aurait fait fuir n’importe qui. Mais pas moi. Je ricanai, trouvant cette situation ridicule. Alors quoi ? Ce serait de ma faute si mes parents avaient déménagés ? Le dénommé Lenjian avait décroché de la conversation, totalement absorbé par les yeux légèrement bridés de Kishi, sa peau lisse, sa taille fine, et ses longs cheveux bruns ondulés. Cela exaspérait Shion, mais il n’en dit rien. Finalement, alors que Dimitri et Carlisle les invitèrent poliment à s’assoir avec nous, espérant naturellement qu’ils refusent, ils s’en allèrent en déclinant l’offre. Lenjian, par amitié pour Shion, regrettait cependant de ne pas pouvoir admirer la belle espagnole plus longtemps. Nous, nous soupirions de soulagement. Voilà deux nouvelles connaissances que nous ne manquerions pas de rencontrer souvent. Et c’est avec un sourire entendu que nous attendions, Edmund et moi, notre prochaine joute verbale. Espérant qu’elle se transforme vite en bagarre. Mais la conversation changea vite pour se reporter sur notre ami absent. Nous étions tous d’accord : il nous tardait ce soir de le voir revenir. lyashura View blog |
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| On 02/08 12:40 PM View all |
![]() ![]() Allez, je me suis remise au boulôt, je vais tomber les illustrations et les bédés, je vais arrêter de dormir, et même de faire des pauses chocolat s'il le faut. Mais en dernier recours, quand même. Sur ce, bonne nuit ! View blog |
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| On 05/24 9:53 AM View all |
Au beau milieu des examens ( TPs BAC, Oral Arts Plastiques, révisions pour le BAC...), un communiqué express. Je vous scannerais tout bientot mes travaux pour le bac, arrangerais l'animation que j'ai réalisée pour qu'elle soit déclenchable à loisir afin de pouvoir la poster ici... En attendant, un dessin pour mon avatar dans un forum de RP: Créer un personnage de A à Z dans ses moindres détails psychologiques,historiques... Et le faire avancer avec l'aide précieuse d'autres personnages est vraiment enrichissant. Rejoignez donc le Sudden-Game! http://sudden-game.forumsactifs.comutopie View blog |
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| On 04/10 11:35 PM View all |
Non non ce n'est pas une peinture ou un dessin c'est...Kimiko Yoshida! J'ai découvert cette artiste il y a un peu de temps et je suis devenue une fan très vite. Son travail essentiellement consiste en déguisement, maquillage et photographie. L'image que vous voyait montre donc l'artiste s'étant déguisée, maquillée et prise par l'appareil dans une certaine pose. Cette image n'est pas dans les plus impressionnates mais je la trouve particulièrement belle!!!! En plus... elle est verte!^^noe91art-pti-show View blog |
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| On 11/14 11:12 PM View all |
J'ai longtemps rêvé de toi, sentant derrière chaque bonheur que je connaissais ta caresse. Oh ma Déesse, mon ange, toi qui contient tout ce qu'il y a pu avoir de bon en moi, comment t'exprimer tout ce que tu es pour moi? C'est ton visage qui s'illumine d'un sourire quand en pleine nuit j'ouvre à demi mes paupières encore emplies du rêve ou je te retrouve, ton étreinte céleste qui me donne souvent envie de me taire et de ne plus rien entendre, ta bouche que j'aimerais gouter encore et encore. Combien de noms ne t' ais-je pas donné pour les murmurer sans interruptions du soir au matin? Combien de rendez-vous, de promenades de diners ou de soirées en ta compagnie n'ai je pas imaginé? Longtemps je t'ai cherché dans la foule bigarrée des femmes qui peuplent ce rocher qu'on appelle la terre. Certaines avaient en elles comme des éclats fugaces de toi, qui disparaissaient bien vite dans ce tourbillon d'expressions et de grimaces qui constituent leurs masques. L'une avait une seconde une parcelle de l'éclat stellaire de tes yeux, l'autre secouait un instant sa chevelure à ta manière. Ton rire était l'écho de celui de l'inconnue que j'observais furtivement, tandis que ta démarche étais singée par la passante coquette qui me croisait sans me regarder. Et ses ressemblances passagères me laissaient sans voix, même si l'émerveillement qu'elles me causaient était vite brisé par la déception forcée que me causait le masque suivant. Je passais mon chemin, les larmes aux yeux, le cœur saignant de milles plaies amères. Te croyant traitresse, j'ai essayé de vivre sans toi. J'ai moi aussi appris à porter un masque et à faire des pleurs des autres ma nourriture. J'ai fait de la haine mon moteur, du verbe mon arme et de la douleur mon plaisir. Pour contrôler jusqu'à mes rêves qui ne pouvaient aller que vers toi, j'ai placé devant mes yeux à chaque éveil le symbole de ce qui était pour moi la seule façon de survivre. J'ai été jusqu'à souhaiter renier mon humanité pour être pleinement capable d'atteindre les buts que je m'étais fixés. Mais sous le masque, je souffre toujours de ton absence, même si j'ai essayé de t'oublier. A quoi bon combattre pour changer le monde s'il est vidé de tout ce qui a du prix à mes yeux? Me voila écartelé à nouveau entre deux situation insupportables: si j'abandonne les buts que je me suis fixé et décide de mener une vie sans historie, je sais pertinemment que tu en seras absente et ne peux me résoudre passer toute ma vie avec un masque. Si je me bats, je devrais me débarrasser de tout le bien que tu m'as donné pour devenir un être à la fois plus et moins qu' humain. Aussi étrange que cela puisse paraitre, je préfère la seconde solution. Elle a l'avantage d'être plus rapide, et de toute manières, si personne n'agît, il sera bientôt impossible de continuer de rêver et de vivre pour moi et ceux que j'aime. Notre système veut coller nos masques sur nos visages et remplir nos cranes de mensonges. Comment pourrais alors continuer à t'aimer comme je le fais. Peu à peu, je te confie ce que tu m'as donné, tout ce qui fait que j'ai été, parfois, heureux. Prends en soin, avant que je te retrouve, quand cette guerre sera terminée pour moi. Je t'aimeMelo-and-co View blog |
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| On 12/19 10:08 PM View all |
édit: bon, quelques problèmes d'affichage d'image, en attendant, voila un lien: http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=746729dragon4.jpg Salut les loulous, un petit post pour donner des nouvelles. Alors tout d'abord, j'ai une année scolaire très chargée, avec un stage de fin d'études très prenant, où je fait de la cartographie et de l'hydraulique. bref, j'ai peu de temps pour moi, et mes crayons et aquarelles prennent la poussière dans un coin. Pour les dessins, pas grand chose de nouveau, je poste celui ci, c'est une colo d'un des dessins fait pour une amie avec qui on s'envoie des lettres depuis plusieurs années, mes rares dessins lui sont réservés hélas! comme vous le constatez, y'a pas trop de progression^^ voila c'était tout, à une prochaine fois! (édit bis de moutoin : pour l'image c'était juste pas le bon lien ça devrait remarcher (il fallait le lien en ".jpg " et non ".php" ) citrowView blog |






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